Bonnes ondes

Les clean walks, un nouveau passe-temps

As-tu déjà entendu parler des « clean walks » ? Tu sais, ces marches de nettoyage qui se multiplient dans les grandes villes françaises. Pendant un après-midi, j’ai suivi l’équipe de l’association Wings of the Ocean dans un des plus grands parcs de Toulouse : la prairie des filtres.

En ce mois de mars, l’eau de la Garonne avoisine les dix degrés, elle revêt une couleur jaunâtre depuis les dernières crues. Pourtant, après avoir retiré chaussures, chaussettes et pantalon, Damien se jette à l’eau. Cet acte aurait pu paraître étrange il y a quelques années. Aujourd’hui, il fait partie du rituel des marches de nettoyage. Damien rapproche sa trouvaille de la rive, grelottant.
Heureusement, il avait prévu une petite serviette. Sandrine et Manon s’approchent, saisissent la roue et tirent de toutes leurs forces afin de l’extirper de la vase. Le groupe se réunit en cercle autour de leur trouvaille : c’est un vélo blanc et violet, sans selle, un de ceux proposés en libre-service dans la ville de Toulouse.

Les clean walks, un nouveau passe-temps

Leur action commence quelques heures plus tôt : un bâton à la main, le groupe s’affaire à décoller les capsules de bouteilles dans le sable du boulodrome. En trente minutes, ils récupèrent 4kg de capsules et de mégots chacun, non sans peine. La position accroupie et le geste répété pour récupérer ces petits déchets leur fait prendre des positions incongrues afin d’éviter les crampes. Ces tensions dans les membres, on les sent peu importe la taille du déchet et, participer à une clean walk, c’est prendre le risque de se voir confronté à de très gros déchets. Manon repère un duvet sous un pont : « Loïc, tu peux venir m’aider ? Je crois que c’est du lourd là ! ». À cause de l’eau et de la boue, le duvet a atteint les 50 kg. Les bras tirent et s’entraident pour parvenir à le traîner jusqu’à la poubelle la plus proche alors que le reste du groupe continue de ramasser méticuleusement les mégots dans la pelouse. Pierre, l’organisateur de cet événement, m’explique : « Les mégots, c’est le pire déchet.
Un mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau. C’est extrêmement toxique pour les poissons et les animaux du parc. » ; Sandrine lui répond, exaspérée : « Je ne comprends pas comment est-ce qu’on
peut encore jeter son mégot par terre en 2021… ».

Lorsqu’ils s’avancent sur les rives de la Garonne, l’ambiance est pesante. Les ramasseurs sont désespérés en voyant les sacs plastiques agglomérés dans les branches, sur le rivage. Manon se lance la première : elle se laisse glisser jusque dans l’eau, s’agrippe à une branche et pendant ce temps, Sandrine la retient par la hanse de son sac à dos gris. Damien veille lui-même sur Sandrine, une vraie chaîne humaine se forme et retient l’attention des passants : « Bravo pour ce que vous faites ! La planète vous remercie! ».

En passant une après-midi à nettoyer ton environnement, c’est surtout ça que tu retiens : les enfants venus te féliciter et t’aider, les grandes victoires quand, à trois personnes, vous avez réussi à récupérer une bouteille en plastique dans l’eau alors que vous la pensiez inatteignable. À ton tour ! Tu te souviendras de chaque bout de plastique sauvé du fleuve ou de la rivière proche de chez toi.

Lucie Guideau