Mode éthique

Le cuir, nouvel outsider de nos foyers ?

L’industrie du textile exploitant les animaux est mise à mal depuis quelques années, notamment par des associations comme PETA mais aussi par des citoyens de plus en plus éclairés sur les conséquences environnementales et éthiques de cet univers. 

Prenons l’industrie du cuir. On en trouve un peu partout autour de nous, dans nos voitures, sur nos chaussures, nos sacs, et sur nos canapés. Il est généralement synonyme de qualité et de durabilité, ce qui explique qu’on puisse le préférer à d’autres matières. 

Mais la filière du cuir a une sombre face cachée avec des impacts environnementaux et éthiques désastreux.

Commençons par une définition, pour éclairer la suite de nos propos. 

Le Tannagec’est le processus qui rend le cuir imputrescible, résistant ou encore souple. Il est principalement effectué avec des produits chimiques, c’est ce qu’on appelle le tannage minéral (à base de sel de chrome et parfois du sel d’aluminium ou encore du zirconium). Dans de nombreux pays en développement, ce processus ne répond pas à des règles précises, ce qui engendre des conséquences catastrophiques.

En 2012 l’ONG Blacksmith Institute, estime que les tanneries font partie des dix industries les plus toxiques au monde !

La souffrance animale est l’une des répercussions de cette sombre industrie. Plus d’un milliard d’animaux sont tués chaque année pour la confection de cuir. Ces animaux sont confinés dans des endroits clos et étroits, infectés et malades du fait de leur entassement.

À ces problèmes non négligeables, on peut ajouter ceux sous-jacents à l’élevage des animaux : gaspillage de ressources (eau, nourriture), problème de déforestation, etc. Rappelons que l’élevage représente 20% des émissions de gaz à effet de serre

Ensuite, il faut savoir que, dans de nombreux vêtements que l’on porte, une grande partie est de provenance animale inconnue. Cela peut très bien être des veaux, des agneaux ou encore des chats ou des chiens. C’est en effet assez fréquent que nos petits compagnons de vie se retrouvent dans des abattoirs dans des pays clés de la filière du cuir.

Continuons avec un nouveau chiffre : 1,4 milliard. C’est le nombre de peaux animales qui sont transformées en cuir chaque année. 80% de ces peaux viennent de pays en développement, où les règles sanitaires, éthiques et écologiques sont confuses.

On sait par exemple qu’à Dacca, au Bangladesh, 22 000 litres de déchets toxiques sont rejetés chaque jour des tanneries dans l’une des rivières principales de la ville. En conséquence, les produits issus de l’agriculture et la faune aquatique sont contaminés à cause de cette eau empoisonnée. Ainsi, on se retrouve avec une nourriture polluée par du chrome et d’autres produits toxiques dans nos assiettes. Ce problème est loin d’être anodin. On le retrouve dans de nombreuses villes comme à Kanpur en Inde, où les tanneries sont l’un des principaux facteurs de la pollution du Gange

En plus d’intoxiquer nos ressources, ces tanneries sont de véritables poisons pour leurs employés. Le chrome et les produits toxiques sont responsables de nombreuses maladies respiratoires, de cancers, d’inflammations ou encore de tuberculose chez les travailleurs du cuir. 

Vous l’aurez compris, l’industrie du cuir est une affaire complexe. Dans certains pays, les réglementations sont fortes, mais dans d’autres, elles sont pratiquement inexistantes. Sachant que dans l’industrie du textile ou encore de l’automobile la chaîne de production est très fortement délocalisée. On ne sait plus vraiment combien d’usines et de pays les pièces ont visitées. 

Pour ne plus prendre de risques et éviter de participer à ce désastre humain, environnemental et animal, il existe d’autres alternatives. 

De plus en plus de marques apparaissent et donnent une importance fondamentale à la transparence et à une chaîne de production impeccable et respectueuse des hommes, des animaux et de l’environnement. 

Les matières premières de ces jeunes pousses sont tracées et les processus de production vérifiés pour répondre à une éthique en or. Ces marques assurent un produit en cuir sans produits chimiques ou techniques polluantes, respectant les employés, avec des salaires dignes du travail effectué. Elles proposent également des matières vegans ! 

Et oui ! Outre le coton, le lin et  l’acrylique, on découvre de plus en plus de nouvelles alternatives au cuir, tout aussi efficaces et branchées. 

On apprend par exemple qu’il est possible de remplacer le cuir par des déchets de maïs. Etonnant, non ? Et pourtant c’est vrai. 

L’upcycling ( utiliser des matériaux, objets inutilisés pour créer un nouveau produit utile) est une bonne idée pour remplacer le cuir neuf. Cela permet à de nombreux matériaux usés d’avoir le droit à une nouvelle vie. 

Plus étonnant encore, on peut désormais trouver des objets, initialement à base de cuir animal, en cuir d’ananas, de champignons, de peau de raisin ou encore de liège !

Il existe aussi des alternatives qui permettent aussi de réduire le gaspillage pour ressusciter de vieux objets inutilisés : le troc, les dons ou encore les sites communautaires de seconde main.

C’est désormais une évidence pour tout le monde, il est impératif de trouver des solutions pour nous offrir un futur responsable et respectueux de la terre et de tous ses membres !